Le Frass de ténébrion : un engrais naturel pour le jardin


A la ferme gîte du Cœur de Chêne, nous vendons Canards, Canes, oies, Poules et Coqs vivants & œufs fécondés.‍

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Nous élevons également des vers de farine, nourris avec du son de blé bio de variétés anciennes et les légumes bio de la ferme.

Nous contacter pour les disponibilités.‍

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Vous recherchez un engrais naturel, zero empreinte carbone et ultra efficace en petites quantités ? Ne cherchez plus, je le produis à notre ferme !

Je l’ai d’abord testé chez moi. Quelques poignées au pied de plantes qui commençaient à fatiguer en cette fin d’été. En quelques semaines, elles ont franchement reverdi. Et mon hibiscus, qui semblait avoir terminé sa saison, s’est même remis à produire des fleurs en cette fin de mois de septembre.

Ce petit miracle beige et poudreux porte un nom assez peu poétique : le frass de ténébrion.

Il s’agit principalement des déjections produites par les larves de Tenebrio molitor, nos fameux vers de farine. Et derrière son apparence très modeste se cache un fertilisant organique riche, concentré et particulièrement intéressant pour le jardin.

Un engrais naturel riche pour les plantes

Le frass apporte les trois grands éléments dont les plantes ont besoin : azote, phosphore et potassium.

L’azote soutient la croissance et la végétation, c’est notamment lui qui participe à ce beau feuillage vert que l’on aime retrouver sur une plante qui commençait à pâlir.

Le phosphore intervient notamment dans le développement racinaire, la floraison et la fructification.

Le potassium joue un rôle essentiel dans le fonctionnement général de la plante, sa résistance et la qualité des fruits et des fleurs.

À cela s’ajoutent de la matière organique et différents éléments minéraux, notamment calcium, magnésium et soufre, ainsi que des oligo-éléments.

Le résultat est un fertilisant complet qui peut être utilisé aussi bien au potager que pour les arbres fruitiers, les petits fruits, les fleurs et les plantes en pots.

Quelle est la composition du frass de ténébrion ?

Il n’existe pas un NPK universel du frass : sa composition dépend notamment de ce que mangent les ténébrions. Les nôtres sont nourris au son de blé Bio de variétés anciennes (17% de protéines en moyenne Vs 13% pour les blé conventionnels) et aux bons légumes bio. On peut difficilement faire mieux.

Les différentes analyses disponibles permettent néanmoins de retenir, pour du frass de Tenebrio molitor, un ordre de grandeur autour de :

NPK ≈ 3-2-2

Certains frass présentent des concentrations supérieures, notamment en azote.

Ce chiffre est intéressant parce qu’il permet de comprendre que nous ne sommes pas simplement devant une matière organique destinée à améliorer le sol : le frass est véritablement fertilisant.

Il possède par ailleurs généralement un rapport carbone/azote relativement bas, permettant aux éléments nutritifs d'être progressivement rendus disponibles pour les plantes.

Et il contient de la chitine

Autre particularité fascinante : les ténébrions possèdent un exosquelette constitué notamment de chitine.

Au cours de leur croissance, les larves muent de nombreuses fois. Des particules microscopiques de ces anciennes enveloppes peuvent donc se retrouver mêlées au frass.

Or la chitine et ses produits de dégradation intéressent beaucoup la recherche agronomique pour leurs interactions avec la vie microbienne du sol et certains mécanismes naturels de défense des végétaux.

Le frass est donc bien plus intéressant biologiquement qu'un simple mélange N-P-K.

Comment utiliser le frass au jardin ?

L'un de ses avantages est qu'il en faut relativement peu.

Voici quelques repères simples :

1 kg = jusqu'à 10 m² de jardin parfaitement fertilisés sans se casser le dos !

Au potager, on peut simplement l'épandre puis griffer légèrement la terre.

Pour les arbres et petits fruitiers, on le répartit autour de la plante, sur la zone occupée par les racines, plutôt que de former un petit tas contre le tronc.

Dans les pots et jardinières, quelques grammes incorporés à la terre suffisent.

Et comme tout engrais efficace, inutile d'en mettre trois fois plus en espérant obtenir des tomates trois fois plus grosses : le frass est concentré, quelques poignées font déjà le travail.

Et maintenant, voici peut-être sa plus belle qualité

Le frass fertilise très bien. Mais ce que j'aime encore davantage, c'est la manière dont il est produit. Mes ténébrions sont notamment nourris avec du son de blé, un coproduit de la transformation des céréales : une matière qui possède une valeur alimentaire mais qui n'est pas la partie du grain principalement recherchée pour l'alimentation humaine. Les larves le transforment.

D'un côté, j'obtiens des vers de farine riches en protéines, qui peuvent participer à l'alimentation de mes volailles. De l'autre, je récupère leur frass, qui devient un fertilisant pour mes plantes, mon potager, mes petits fruits et mes arbres.

Et là, la boucle devient franchement jolie :

Le végétal nourrit les ténébrions.
Les ténébrions nourrissent les animaux.
Le frass nourrit les plantes.
Les plantes nourrissent à nouveau la ferme.

Une même matière première est valorisée plusieurs fois et le « déchet » de l'un devient la ressource de l'autre.

Presque rien ne se perd

C'est toute la philosophie de ce petit élevage. Pas besoin d'une immense surface agricole pour produire les ténébrions : leur élevage se fait verticalement, dans des bacs réutilisables, sur quelques mètres carrés. Leur nourriture peut intégrer des coproduits agricoles. Les larves sont valorisées.Les mues se retrouvent en partie dans le frass. Et leurs déjections retournent au sol sous forme de fertilisant.

Même ce qui tombe au fond du bac possède donc une utilité. Il reste naturellement une petite consommation d'énergie liée à l'élevage et à l'hygiénisation du frass : parler d'une empreinte carbone strictement nulle serait donc inexact. Mais le principe est autrement plus intéressant qu'un slogan : produire localement, valoriser une matière existante, multiplier ses usages et rendre au sol ce qui peut lui être rendu.

La boucle est bouclée

C'est peut-être finalement ce que j'aime le plus chez le ténébrion. On commence avec quelque chose d'aussi banal que du son de blé et des légumes. On obtient une source de protéines pour les animaux. Et ce qu'ils laissent derrière eux devient un engrais qui fait reverdir les plantes… jusqu'à convaincre un hibiscus de refleurir à la fin du mois de septembre.

Le frass n'est pas le déchet de l'élevage de ténébrions. C'est la dernière étape de la boucle. Et peut-être l'une des plus belles.

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